Un peu d'histoire

De la route de Toulouse à la Jalade : le TCM entre héritage et mutations (1923-1931) 

 

Le Tennis Club de Montpellier naît, sous sa forme actuelle, le 5 février 1923 : ce jour-là, ses dirigeants demandent officiellement la reconnaissance légale de l’association sportive qu’ils ont créée à la Préfecture de l’Hérault.

Le lawn-tennis, apparu sous sa forme moderne au début des années 1870 en Angleterre, est alors pratiqué depuis une trentaine d’années dans l’Hérault. À Montpellier, il séduit une part importante de la population lycéenne, étudiante, militaire, aristocratique et bourgeoise de la ville.

De fait, le Tennis club de Montpellier succède à l’association fondée dans les années 1910 par l’Automobile Club de Montpellier, rue du Faubourg de Nîmes. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il quitte le faubourg de Nîmes pour s’installer route de Toulouse où il possède trois terrains en terre battue. Très rapidement, ces installations s’avèrent insuffisantes pour faire face à l’afflux de nouveaux membres.

Dès l’été 1931, le club déménage une seconde fois pour rejoindre le Chemin de la Jalade, son siège actuel. Le professeur de Médecine Louis Rimbaud a, en effet, donné en usufruit à l’association sportive du Tennis Club de Montpellier les terrains d’une ancienne bergerie entourés de vignes dont il était propriétaire, à proximité de l’hôpital suburbain de Montpellier.

De 1931 aux années 1990 : de l’affirmation d’un grand club régional et national au changement de statut

 

Présidé par le restaurateur Amédée Capion puis par l’avocat Georges Courtès, le TCM prend l’habitude d’organiser des tournois aux plateaux prestigieux. Grâce à l’entregent de Louis Chevalier, 18e  joueur français, les courts de La Jalade accueillent de nombreux joueurs de première série mais aussi les « mousquetaires » Henri Cochet et Jean Borotra.

Sur le plan sportif, il s’impose comme le meilleur club régional : en 1934, il remporte la coupe de la Fédération, championnat de France de 2e série par équipes.

Dans les années 1970, alors que la pratique du tennis connait un envol inégalé dans le Languedoc-Roussillon, le club est amené à modifier son statut juridique pour garantir son existence face à la menace de la spéculation immobilière. Le 26 juin 1978, à l’initiative d’André Navarre et de Jean Candon, il est transformé en Société Civile Immobilière.

Sur le plan sportif, la « Jalade » continue de jouer les premiers rôles au niveau régional. Dirigée par Daniel Marc, son équipe première masculine évolue entre la première et la deuxième division nationale entre le milieu des années 1970 et le début des années 2000. Elle compte dans ses rangs de nombreux joueurs confirmés : François de Maisoncelle (–4/6), Jean-Christophe Glaszmann (–4/6) dans la deuxième moitié des années 1970 ; les frères Champion, Éric (–15) et Thierry (n° 3), Nicolas Copin (n° 22), Michel Lunésu (–30), Hubert Lang (–30) dans les années 1980 ; Franck Osvald (n° 47), Guillaume de Verbizier (–30), Alexandre Martinatto (–15), Fabien Rouvière (–15) et Tony Pudico (–15) dans les années 1990 et au début des années 2000.

 

Face aux enjeux du XXIe siècle : un "centenaire" qui prospère

Le TCM reste très lié aux milieux médicaux. Après l’intermède Hervé Hamelle, qui succède entre 1970 et 1972 à Louis Chevalier, les quatre derniers présidents du club sont tous d’anciens internes des hôpitaux de la ville : Jean Candon (1973-1989), chirurgien ; André Navarre (1990-1994), pharmacien-biologiste ; Bernard Miquel, chirurgien ; Michel Cazaban (depuis 2000), médecin des hôpitaux. Ce constat ne doit pourtant pas masquer l’indéniable démocratisation d’un club qui a progressivement rompu, depuis les années 1970, avec le caractère étroitement élitiste de son recrutement.

À partir de 1995, Bernard Miquel puis Michel Cazaban se sont efforcés de pérenniser l’existence du club par une politique volontariste.

Le TCM ne domine plus le tennis régional sur le plan sportif. Mais son dynamisme demeure incontestable : il compte 553 adhérents en 2023 – contre 307 en 1978, 440 en 2000 et 381 en 2015 -, engage près de 40 équipes chaque année dans les divers championnats et compte dans ses rangs des champions de France comme Pascal Feydel ou Alain Vaysset et des champions d’Occitanie comme Jean-Christophe Glaszmann ou Jean-Louis Atard.

Témoin de cette belle vitalité, le Tennis Club de Montpellier compte désormais plus de jeunes adhérents que d’adhérents adultes : c’est la première fois de son histoire.